Rencontre avec Jean-François Cocteau
Par Freddy Mulongo, samedi 31 janvier 2009 à 18:10 :: radio :: #279 :: rss
Jean-François Cocteau, poète de la quête et la perception de la lumière intérieure
"Le poète est prophète de l'homme comme le prophète de la Bible est poète de Dieu" dit-on. Jean-François Cocteau est poète de la quête et la perception de la lumière intérieure. La poésie fait partie de lui d'une manière intrinsèque. Jean-François Cocteau est un ami des livres, ancien bouquiniste, il exerce la profession de documentaliste dans un collège parallèlement à une fonction de conseiller prud'homal. Comment se fait-il que Jean-François Cocteau qui travaille depuis 18 ans à la Comédie française, Théâtre national français à Paris ( Palais-Royal) peut exalter le silence ?
Le silence pour lui est le début d'une connexion avec le divin. La lumière est l'apothéose de cette vertu. Jean-françois Cocteau est un protestant Quaker, "Tu ne tueras pas ton frère", ce commandement biblique est le leitmotiv de sa vie. Chez les Quakers, dit-il " il y a une osmose entre la non-violence et le rapport direct avec Dieu, sans passer par les dogmes. Dans notre société, le silence fait peur, j'ai appris à m'approprier celui-ci. Passer une heure de silence en Dieu, avec lui et pour lui, c'est un privilège" dit-il.
Jean-François Cocteau est très captivant lorsqu'il se met à décliner les différents caractéristiques du silence: silence politique (acceptation ou non d'un système), un long silence (la mort), silence de Dieu (relation à la prière), le silence pour faire passer l'émotion dû à la ponctuation etc..
Pour Jean-François Cocteau, le silence peut être l'espace qui prépare la parole. Interprété comme une fin en soi, n'aurait pas sens; ou, mieux, il agirait dans notre vie avec une valeur négative de solitude, fuite, repliement sur soi-même. Le silence, avant d'être une possibilité de réflexion (par conséquent il y a un silence avant et un silence après la parole), doit être espace pour l'écoute, capacité d'accueil, d'accueillir sans préjugés, disponibilité libre de la présomption de soi.
comme beaucoup de personnes savent, devant les grands drames ou les souffrances inexplicables et atroces (comme une maladie terminale ou une morte subite), on ne parle pas ou on parle en gardant le silence.
Le silence, en ce cas, devient présence expressive et affectueuse.Donc, un silence "loquace" et une parole "silencieuse" existent.
C'est-à-dire un silence qui parle, capable de dire quelque chose et une parole muette, qui ne dit rien à celui qui écoute.Quelquefois notre silence se révèle constructif, efficace et loquace plus de milles paroles. Parfois il y a des silences qui sont paroles et paroles qui sont silence.
Ce recueil continue à nous transporter dans un monde où la lumière se fait silence afin de nous éclairer de l'intérieur. Les poèmes de jean-François Cocteau ont la forme de la poésie japonaise, c'est à dire très court.
Quelques extraits:
Combler ton silence
Combler ton silence par ma parole
peut-être par peur de ton oubli
Croire le mot suprême par peur du silence
et combler ton absence
par une profusion de non-sens
dans l'attente que tes mots m'étreignent (page 18)
L'amour
L'amour est un fil de neigeune cécité de soiLe silence se fait une autre idée du temps
il frissonne à la moindre parole
s'éclipse dans le bruit du monde
cherche asile au plus profond de moi
réanime un langage universel
-il est le sel d'or (page 48)
Dans ce monde, le silence vaut musique, et la lecture de ces poèmes fait résonner en nous des harpes entre les mots. Dans ce monde, également, la partie blanche de la page vaut à la fois silence et inspiration.
Son premier recueil de poèmes, Présence Verticale, a été donné comme don à l'Acat (l'action des chrétiens pour l'abolition de la torture et des exécutions capitales). Son deuxième recueil, Entre silence et lumière, Jean-François Cocteau le dédie au Centre International Quaker à Paris.
Dans entre silence et lumière, Jean -François Cocteau nous fait transporter dans un monde où la lumière se fait silence afin de nous éclairer de l'intérieur.
le silence qui demeure une réalité plus profonde et mystérieuse – l'ontologique de l'homme -