Entre Silence et lumière
Un an après Présence Verticale, Jean-François Cocteau publie son deuxième recueil, Entre silence et lumière. Une poésie teintée de spiritualité où la lumière se décline à travers le prisme de l'âme humaine, enveloppée d'un silence soulignant le texte, comme un indispensable contrepoids à la parole du poète.
« Extraire la chair du mot/ pour laisser choir son silence/ sur la langue de lumière/ d'une parole à venir. » C'est sur ces mots que le poète amorce son nouveau recueil et dévoile les sources de son inspiration. Dans un langage lumineux brodé de silence ouaté, le poète nous livre un recueil à la spiritualité éclatante et chargée d'une mission introspective bouleversante.
« Entre lumière...
En quatrième de couverture du recueil, Jeanne-Henriette Louis, professeur émérite de l'université d'Orléans, situe Jean-François Cocteau dans la lignée de ces fameux poètes quaker tels que Marius Grout, lauréat du prix Goncourt en 1943 pour son livre Passage de l'homme, et souligne chez ces deux hommes une inspiration commune : la quête de la lumière intérieure. Il est évident à la lecture de ce livre que l'on ne peut analyser l'œuvre de Jean-François Cocteau en évitant toutes références à sa religion d'appartenance, le quakerisme. Sa ferveur religieuse affleure au détour de chaque page, de chaque mot, voir de chaque silence. Cependant, en continuant d'emprunter la voie qu'il avait ouvert dans son précédent recueil, Jean-François Cocteau affiche une spiritualité ouverte au yeux des curieux, croyants ou non, et s'épanouit loin du dogmatisme religieux et d'un prosélytisme que les Quakers réprouvent. Sa foi religieuse est d'une sincérité et d'une profondeur introspective telles que même le lecteur athé convaincu ne peut rester hermétique à cette quête d'éternité. Chez Jean-François Cocteau, le spirituel n'est jamais déconnecté du réel et donc du sensuel. L'homme n'est pas pur esprit, il est en prise avec un monde extérieur qui l'influence et lui suggère le chemin à emprunter pour arriver au terme de sa quête. Ainsi la lumière est déclinée sur une large palette de nuances, de la lumière diaphane de l'aube à la pénombre du soir jusqu'à la clarté éblouissante et totale de la lumière intérieure.
... Et silence »
Le maniement des silences constitue la carte maîtresse de l'œuvre du poète. Ciselant chaque mot, ils magnifient l'acoustique des phonèmes. Ainsi, enveloppé dans cet écrin silencieux, La sonorité des paroles du poète prend toute son ampleur et envahit l'esprit du lecteur qui ne peut que se laisse happer par la litanie de ce chant. Car la poésie de Jean-François Cocteau s'apparente bien à un chant, de ces chants mystiques qui vous bouleversent les tréfonds de l'âme. Il existe des poètes dont la sonorité du mot fait beaucoup plus sens que le cognitif lui-même. Jean-François Cocteau est de ceux-là. À la manière des musiciens les plus virtuoses, il alterne entre la mélodie des mots et la résonance du silence pour produire une œuvre qui transcende la rationalité et le message au profit de la puissance esthétique. Un des poèmes du recueil fait référence à « l'homme qui marche » de Giacometti et l'on aurait, en effet, tendance à rapprocher les œuvres des deux hommes. Comme les sculptures du maître, la poésie de Jean-François Cocteau est animée d'une fluidité de la ligne incontestable. Là où le maître laisse le vide envelopper la fragilité de ses courbes, le poète abandonne au silence la vulnérabilité de ses mots. Tandis que Giacometti insuffle à ses sculptures une impression d'élancement constant, la poésie de Jean-François Cocteau semble être le fruit d'un seul et même souffle perpétuel. Entre silence et lumière est une œuvre poétique à savourer à l'écart du mouvement incessant de nos quotidiens. Les mots du poète sont autant de passerelles d'éternité si légères et évanescentes qu'elles ne supporteraient pas d'être seulement « parcourues ». Dans une démarche introspective et spirituelle, Jean-François Cocteau nous invite à endosser l'habit de l'esthète et à nous contempler de l'intérieur, un intérieur trop souvent voilé par le règne de l'apparence.
Marie Deborne , le 8 février 2009
Un an après Présence Verticale, Jean-François Cocteau publie son deuxième recueil, Entre silence et lumière. Une poésie teintée de spiritualité où la lumière se décline à travers le prisme de l'âme humaine, enveloppée d'un silence soulignant le texte, comme un indispensable contrepoids à la parole du poète.
« Extraire la chair du mot/ pour laisser choir son silence/ sur la langue de lumière/ d'une parole à venir. » C'est sur ces mots que le poète amorce son nouveau recueil et dévoile les sources de son inspiration. Dans un langage lumineux brodé de silence ouaté, le poète nous livre un recueil à la spiritualité éclatante et chargée d'une mission introspective bouleversante.
« Entre lumière...
En quatrième de couverture du recueil, Jeanne-Henriette Louis, professeur émérite de l'université d'Orléans, situe Jean-François Cocteau dans la lignée de ces fameux poètes quaker tels que Marius Grout, lauréat du prix Goncourt en 1943 pour son livre Passage de l'homme, et souligne chez ces deux hommes une inspiration commune : la quête de la lumière intérieure. Il est évident à la lecture de ce livre que l'on ne peut analyser l'œuvre de Jean-François Cocteau en évitant toutes références à sa religion d'appartenance, le quakerisme. Sa ferveur religieuse affleure au détour de chaque page, de chaque mot, voir de chaque silence. Cependant, en continuant d'emprunter la voie qu'il avait ouvert dans son précédent recueil, Jean-François Cocteau affiche une spiritualité ouverte au yeux des curieux, croyants ou non, et s'épanouit loin du dogmatisme religieux et d'un prosélytisme que les Quakers réprouvent. Sa foi religieuse est d'une sincérité et d'une profondeur introspective telles que même le lecteur athé convaincu ne peut rester hermétique à cette quête d'éternité. Chez Jean-François Cocteau, le spirituel n'est jamais déconnecté du réel et donc du sensuel. L'homme n'est pas pur esprit, il est en prise avec un monde extérieur qui l'influence et lui suggère le chemin à emprunter pour arriver au terme de sa quête. Ainsi la lumière est déclinée sur une large palette de nuances, de la lumière diaphane de l'aube à la pénombre du soir jusqu'à la clarté éblouissante et totale de la lumière intérieure.
... Et silence »
Le maniement des silences constitue la carte maîtresse de l'œuvre du poète. Ciselant chaque mot, ils magnifient l'acoustique des phonèmes. Ainsi, enveloppé dans cet écrin silencieux, La sonorité des paroles du poète prend toute son ampleur et envahit l'esprit du lecteur qui ne peut que se laisse happer par la litanie de ce chant. Car la poésie de Jean-François Cocteau s'apparente bien à un chant, de ces chants mystiques qui vous bouleversent les tréfonds de l'âme. Il existe des poètes dont la sonorité du mot fait beaucoup plus sens que le cognitif lui-même. Jean-François Cocteau est de ceux-là. À la manière des musiciens les plus virtuoses, il alterne entre la mélodie des mots et la résonance du silence pour produire une œuvre qui transcende la rationalité et le message au profit de la puissance esthétique. Un des poèmes du recueil fait référence à « l'homme qui marche » de Giacometti et l'on aurait, en effet, tendance à rapprocher les œuvres des deux hommes. Comme les sculptures du maître, la poésie de Jean-François Cocteau est animée d'une fluidité de la ligne incontestable. Là où le maître laisse le vide envelopper la fragilité de ses courbes, le poète abandonne au silence la vulnérabilité de ses mots. Tandis que Giacometti insuffle à ses sculptures une impression d'élancement constant, la poésie de Jean-François Cocteau semble être le fruit d'un seul et même souffle perpétuel. Entre silence et lumière est une œuvre poétique à savourer à l'écart du mouvement incessant de nos quotidiens. Les mots du poète sont autant de passerelles d'éternité si légères et évanescentes qu'elles ne supporteraient pas d'être seulement « parcourues ». Dans une démarche introspective et spirituelle, Jean-François Cocteau nous invite à endosser l'habit de l'esthète et à nous contempler de l'intérieur, un intérieur trop souvent voilé par le règne de l'apparence.
Marie Deborne , le 8 février 2009